Mathieu Klein : portrait

Interview réalisée en avril 2013

Afin de mieux vous faire connaître vos conseillers généraux, nous vous proposons une série de portraits des élus du groupe socialiste et républicain.
Ce premier volet est dédié à Mathieu Klein, Vice président du conseil général délégué à l’éducation et l’innovation citoyenne, conseiller général de Nancy Nord. Premier secrétaire fédéral du parti socialiste de Meurthe-et-Moselle

Mathieu Klein vous avez été élu conseiller général en 2004, quel regard portez vous sur votre rôle de conseiller ?

Etre élu départemental dans une grande ville est une situation particulière, car les habitants ne perçoivent pas toujours la singularité de l’action départementale dans leur vie quotidienne. Même si j’ai le sentiment qu’avec Dominique Olivier et Nicole Creusot, nous avons contribué depuis bientôt dix ans à mieux en rendre compte.

On peut même y voir un atout : la complexité de notre position répond à la complexité de la société. La parole politique est fréquemment dévaluée et c’est au niveau de son territoire que le citoyen cherche la réassurance.

La responsabilité fédérative, la fonction d’ensemblier des élus locaux, sont de plus en plus souvent sollicitées, nous sommes un maillon horizontal alors qu’hier peut être les élus se vivaient au sommet d’une hiérarchie.

Qu’est ce qui caractérise à vos yeux la politique du Conseil général de Meurthe-et-Moselle ?

Depuis 1998, la majorité animée par Michel Dinet a fait de la solidarité un levier de développement. Nous sommes passés d’une action sociale à vocation uniquement réparatrice à une solidarité active qui sert le développement et l’attractivité des territoires. Je considère qu’au delà des effets de mode sur la participation, Michel Dinet a eu très tôt une perception aiguë de l’enjeu de l’engagement des citoyens et remet sans arrêt l’ouvrage de la participation des habitants aux politiques départementales sur le métier.

Le plan Collèges Nouvelles Générations est un des dossiers phares de la politique départementale. Comment le définiriez-vous en quelques mots ?

Il s’agit du programme d’investissement majeur du mandat actuel. En Lorraine peut être encore plus qu’ailleurs, nous devons faire des outils de formation des jeunes la priorité. De ce point de vue, le conseil général joue pleinement son rôle au niveau de responsabilité qui est le sien, en investissant 270 millions d’euros pour construire, restructurer ou rénover le parc des collèges publics du département. En outre, le plan collèges nouvelles générations est l’occasion de redéfinir le périmètre de sectorisation de plusieurs collèges, pour assurer un meilleur équilibre démographique et plus de mixité sociale.

Qu’est ce qui vous anime en tant qu’élu local ?

Rien ne m’est plus insupportable que les destins imposés. Chacun doit pouvoir construire sa vie et faire ses choix, de formation, de carrière professionnelle, de famille, de territoire.

Or, nous savons bien qu’en réalité, sans une action publique déterminée, cela reste un mirage pour nombre de citoyens. D’où l’enjeu de lutter les inégalités dès le plus jeune âge.

On parle souvent du lien de confiance qui s’est rompu entre les citoyens et leurs élus. Pensez-vous qu’il puisse être possible de restaurer cette confiance ?

Dans le contexte actuel, il convient de rappeler fermement que la politique est un engagement honorable qui, en démocratie, ne peut s’accommoder des comportements indignes tels que ceux de M. Cahuzac.

Il faut être intransigeant en matière de morale publique et rappeler que l’honneur de la République, c’est d’abord et avant tout le travail quotidien sur le terrain des milliers d’élus intègres et honnêtes, qui agissent pour l’intérêt général et le bien être de leurs concitoyens.

L’honneur de la République, c’est aussi l’engagement bénévole des militants associatifs, politiques et syndicaux, qui se dépensent sans compter et sans rien attendre en retour pour eux mêmes.

Crédit photo : Benoît Gaillot

La loi sur le mariage pour tous vient d’être adoptée. Quel regard portez vous sur ce débat de société ?

C’est un débat essentiel pour l’égalité entre tous les citoyens, que c’est de tout temps la mission de la gauche de faire avancer.

Se marier ou pas, fonder ou non une famille : cela n’est pas déterminé par l’orientation sexuelle des personnes. La capacité des couples de même sexe à éduquer et faire grandir leurs enfants dans des conditions tout à fait équivalentes à celle des couples de sexe différent n’est plus à démontrer.

Homme politique d’engagement, votre ouverture sur le monde vous pousse aussi à vous intéresser à des sujets comme le Proche Orient. Pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

Israël et Palestine doivent vivre en paix dans deux Etats souverains. Leur histoire, c’est notre histoire. Au cours des différents voyages que j’ai pu faire dans les deux pays, j’ai été sans arrêt balloté entre le fatalisme et l’espoir, entre la révolte et le rêve, entre le sentiment d’avoir compris et celui de ne rien savoir. Je continuerai donc à essayer d’en dénouer les fils, sans perdre de vue le combat politique qui doit sortir le peuple palestinien de l’enfermement, la misère et la corruption et garantir au peuple israélien la paix, la sécurité et le développement.

Nous vous proposons de poursuivre cet entretien par un portrait « si vous étiez …»
  • Un livre : « A la vie » de Joseph Bialot
  • Un film : « Tout sur ma mère » de Pedro Almodovar
  • Un mot : Liberté
  • Un animal : Le buffle
  • Un son : Un Mac qui s’allume
Enfin, trois adjectifs qui définissent le mieux Mathieu Klein ?

Bienveillant, obstiné (pour ne pas dire têtu), réservé.

 

 

Crédit photo : Benoît Gaillot