Hommage à Michel Dinet

Né le 6 novembre 1948 dans les Vosges, à Neufchâteau, Michel Dinet est fils de menuisier. Il entre à l’école normale d’instituteurs en 1963.

Après un premier poste à Piennes, il est affecté à Vannes-le-Châtel en 1970. C’est un instituteur atypique qui parie sur la confiance dans les qualités et la liberté de chacun, crée dans une classe un espace coopératif d’apprentissage de la délibération et de la décision collective, favorise le tâtonnement expérimental pour développer la confiance en soi indispensable pour réussir ce que l’on entreprend. Une méthode de travail qui le guidera tout au long de sa vie.

L’année suivante, il entre au conseil municipal, devient maire de Vannes-le-Châtel en 1972 puis conseiller général du canton de Colombey-les-Belles en 1978. Tragique ironie de l’histoire, il succède alors à la conseillère générale Claire Leclerc, qui a trouvé la mort dans un accident de la circulation.

En 1988, il se lance dans la bataille des législatives et vient s’attaquer au général Bigeard. Sa victoire le conduit sur les rangs de l’Assemblée nationale où il siégera pendant cinq ans.

Battu en 1993 par Aloys Geoffroy, Michel Dinet reprend alors le chemin de l’école, avec humilité et surtout, une reconnaissance et un attachement à l’école de la République qui ne le quitteront jamais. Il prend aussi la décision de ne plus jamais être député, pas plus que sénateur. Sa locomotive, ce seront les territoires. Profondément enraciné dans le sien, il fut un remarquable bâtisseur de la démarche intercommunale de développement avec, en particulier, la création du Pays de Colombey et du Sud Toulois.

En 1998, après 20 ans d’opposition dans l’assemblée départementale, il conduit la liste de gauche aux élections cantonales et parvient à ravir le Département à la droite.

Sa première décision emblématique fut la mise en place de la gratuité des transports scolaires pour tous les élèves du département. L’école de la République est toujours là, présente.

Durant les 16 années qu’il passera à la tête du Département, il n’aura de cesse d’innover, de fédérer, de bâtir. Il mettra ses formidables capacités visionnaires au service du Département, toujours avec la même finalité : faire projet et société ensemble.

Il fut, par ailleurs, l’un des premiers signataires de l’appel à la fraternité en 1999. Il présidera ensuite l’Observatoire Décentralisé de l’Action sociale (ODAS) en 2005.

Jamais résigné, toujours animé par l’esprit de fraternité et fervent défenseur des acquis du Conseil National de la Résistance, Michel Dinet co-signera, en avril 2012, une tribune avec Claude Alphandéry, Raymond Aubrac et Stéphane Hessel : la république doit résister.

Ces dernières années, il s’est énormément impliqué, avec force et opiniâtreté, dans le combat pour le financement des allocations individuelles de solidarité, quelle que soit la couleur politique du gouvernement auquel il s’adressait. Presque seul au départ dans cette revendication, il avait réussi à réunir autour de lui les présidents de conseils généraux de France, tous bords confondus, et à obtenir, l’an dernier, des engagements fermes de l’Etat. Une belle illustration de cette phrase qu’il aimait répéter : “Ils sont 1 000, nous sommes deux, encerclons-les”.

Tout au long de l’exercice de ses responsabilités, Michel Dinet considèrera qu’il ne rend à la République qu’une infime partie de ce qu’elle lui a permis de devenir. Il n’aura de cesse de défendre les plus fragiles, ceux que l’on ne prend que rarement la peine d’écouter et de considérer.

Après plus de quarante ans de vie politique, il avait annoncé qu’il ne briguerait pas un nouveau mandat en 2015, afin de se consacrer à sa famille…

Michel Dinet

Michel Dinet

Ils ont dit de Michel Dinet…

Martine Aubry : Sa voix forte restera dans nos esprits pour nous rappeler l’avenir qu’il voulait construire, innovant en permanence pour aller à la rencontre des plus fragiles.

Marylise Lebranchu : Ce qu’il nous restera de toi Michel – et que nous porterons – c’est le sens de ton engagement, total toujours, dérangeant nos conforts, intransigeant, de cet engagement qui donne un regard droit, clair, chaleureux, un sourire soleil ou des colères froides devant l’injustice.

Aurélie Filippetti : Je me souviens de tes discours, de ton extraordinaire éloquence, de ton talent incroyable pour parler à tous, pour parler à tout le monde avec des mots simples et en même temps avec une beauté, avec un souffle, avec des images d’une poésie étonnante qui nous prenaient aux tripes.

François Hollande : Michel DINET aura marqué tous ceux qui l’ont approché par son authenticité et son engagement. Il était de ceux qui plaçaient, au-dessus de tout, les valeurs humaines. Il croyait au progrès, au partage et à la justice. Il était un exemple.

Jean-Pierre BEL : Travailleur acharné, grand orateur, homme enthousiaste et à l’écoute des autres, Michel DINET a mis, tout au long de sa vie, sa grande intelligence au service de l’intérêt général. Il n’a eu de cesse, dans tous les postes qu’il a occupés, de protéger les plus faibles et de donner sa voix à ceux que les pouvoirs publics n’entendaient pas.

Jean-Marc Ayrault : Proche des gens, il faisait partie de ces élus dont la chaleur humaine, qu’il mettait dans son engagement, était d’abord le signe de sa volonté de servir les autres et l’intérêt général.

Claudy Lebreton : En ces temps de remise en cause de l’action publique, de la montée des populismes, Michel incarnait une voie : celle de tracer un chemin quand d’autres se contentent de l’entretenir.

Jacques Chérèque : Cette volonté à accrocher à chaque niveau, le projet de base au projet du territoire plus large et, de proche en proche, de bas en haut, construire une chaîne de développement, continue et cohérente, Michel l’a manifestée inlassablement.

Dominique Potier : Plus que son génie et son énergie, ce qui nous touche aujourd’hui le plus, c’est l’homme sensible à la fragilité, l’amour des gens, l’attention aux petits. C’était sa source vive, celle qui lui permettait de dépasser la fatigue et souffrance propre à tous combats politiques.

Mathieu Klein : Tu es un enfant de la République et tu voulais lui rendre tout ce qu’elle t’avait donné. Tu n’avais pas ton pareil pour aider les certitudes à s’effacer au profit des convictions. Pour ne jamais laisser l’arrogance triompher de la bienveillance.

Nathalie Hameau – Kinderstuth, maire de Vanne le Châtel : Des milliers de personnes ont une part de Michel Dinet en elles. Et plus étonnant encore, Michel Dinet portait en lui, une partie de ces milliers de personnes, connues ou anonymes. C’est pour cela qu’il était notre ami. C’est pour cela que nous nous sentons orphelins aujourd’hui. Il était tellement vivant que sa disparition nous parait insupportable.

Dominique Farci, directeur du Théâtre de Cristal : Avec lui j’ai découvert d’autres façons d’être, de faire. Il a changé ma vie. Il faisait confiance, fixait le cap et chacun traçait sa route.

Marie-Louise Haralambon, maire de Favières : Michel nous a démontré au quotidien, sur le terrain, ce qu’est La politique, celle qui élève l’homme, qui bonifie ce qu’il y a de meilleur en lui, au service des autres.

Cecile de Blic, ancienne directrice du Carrefour des Pays Lorrains : A une époque de repli sur soi et de défiance, terreau de tous les populismes, Michel Dinet privilégiait le travail en commun, l’écoute, la bienveillance, qui transforment les différences en force et convergence.

Catherine Trautmann : Homme de gauche ouvert et mobilisateur, infatigable, il a su donner toute sa grandeur au mandat local par sa manière de servir ses concitoyens à un moment où les politiques sont si décriés.

Jean-Marc Todeschini : Je garderai en mémoire son dévouement total au service des autres et la force qu’il dégageait lorsqu’il prenait la parole. Avec lui, l’ensemble des lorrains perdent un défenseur qui a toujours mis en avant l’intérêt général.

Christian Poncelet : Il avait une sensibilité politique différente de la mienne mais nous avons souvent travaillé ensemble dès que les intérêts de la Lorraine étaient en cause.

Patrick Weiten : Je garderai de lui le souvenir d’un collègue exemplaire, attaché aux valeurs républicaines qu’il défendait avec une conviction sans faille. La Lorraine perd d’un de ses grands et fidèles serviteurs.

Christian Namy : J’avais beaucoup d’estime, de respect et d’amitié pour Michel Dinet. Il ne parlait jamais à tort. Tout ce qu’il disait était sérieux, réfléchi.